“Du peu que j’ai eu, du mieux que j’ai pu” : le 1er album tranchant de Lesram

Lesram premier album

À la sortie de son dernier EP “Wesh enfoiré” en 2022, Lesram avait marqué les esprits avec sa technique affutée et ses kicks qui nous rappelaient le rap des années 2000. On attendait alors avec impatience un nouveau projet de l’un des artistes les plus captivants de sa génération

Et Lesram s’est montré à la hauteur du rendez-vous.

Le 19 janvier, il sort son premier album très attendu “Du peu que j’ai eu, du mieux que j’ai pu”. On y retrouve 12 pistes, dont deux featurings avec PLK et Josman, ou Lesram revient avec introspection sur son quotidien, en nous exposant de manière abrupte et sincère, toute l’étendue de son talent.

Lesram et ses « Histoires du quartier”

Ce premier album, c’est une nouvelle occasion pour Lesram de nous plonger dans son monde brut et authentique. Il y a d’abord la rue et ses difficultés, lui qui a grandi dans le Pré-Saint-Gervais, mais aussi la volonté forte de s’en extirper, malgré les obstacles.

 “J’avais besoin d’aide, j’ai demandé à moi-même” – Bernabeu

C’est sans artifice que Lesram nous parle de sa vie, et de son quotidien en profondeur.  Le titre de l’album lui-même suggère son introspection et l’effort investi par l’artiste dans la création de ce premier album.

Fidèle à lui-même, on retrouve cet aspect de rap-réalité si caractéristique de ses morceaux. Lesram explore des thèmes variés : les réalités de son quartier, ses luttes internes, les défis de la vie quotidienne, les inégalités sociales… On retrouve d’ailleurs beaucoup de références à son vécu, son quartier où il a grandi, une des thématiques récurrentes de l’artiste parisien.

En plaçant ses textes au premier plan, Lesram nous plonge dans une atmosphère très représentative de sa vie, pour afficher un rap terre à terre et réaliste, loin d’idéaliser la rue.

“On a pas la même mère, on a le même quartier” – Du peu que j’ai eu

La technique au centre de l’album

Comme il avait su le démontrer dans son dernier projet « Wesh Enfoiré », Lesram se distingue incontestablement par sa maîtrise technique.

Cela nous renvoie aux origines du rappeur, qui, avant de se lancer dans une carrière solo, faisait ses classes dans les open mics et les freestyles aux côtés de PLK ou Zeu au sein du collectif Panama Bende

Si son expérience dans les cercles underground a forgé sa plume, Lesram essaye de toucher un public plus large en rendant sa musique plus accessible. C’est d’ailleurs ce qu’il confie à Views lors d’une interview : 

Je sais que je suis capable de faire plein de choses et j’aimerais le montrer, que les gens assimilent que je ne suis pas juste un technicien. Après, je suis conscient qu’à trop vouloir t’écarter de ta musique tu peux te perdre aussi, donc j’essaye de ne pas changer du tout au tout, de faire ça petit à petit”. 

Habillé des compositions de Boumidjal, Junior Alaprod, Tarik Azzouz ou encore Elyo, Lesram parvient à apporter un vent de fraîcheur à sa musique sur des prods rythmées et des punchlines incisives, avec en prime, deux featurings prestigieux avec Josman et PLK.

L’émancipation par la musique

Si l’introspection, la nostalgie et la vie au quartier prennent une place centrale tout au long de “Du peu que j’ai eu, du mieux que j’ai pu”, Lesram apporte aussi un nouveau regard sur sa musique, qui est devenue pour lui un moyen de s’extirper de sa situation.

On retrouve la retranscription de cette réalité particulièrement dans le titre “En mode”, où l’artiste parisien dénonce les inégalités de traitement entre les classes, appuyant encore une fois sa position sur ces sujets. À la fin du morceau, on entend d’ailleurs un extrait d’un discours de Bernard Tapie, qui symbolise l’ascension sociale pour toute une génération. 

Cet extrait est très significatif, puisqu’on peut facilement le rapporter à la vie de Lesram, qui, grâce à la musique, est parvenu à s’extirper d’un quotidien violent et difficile.

Mais cette ascension, il ne la doit pas au hasard. Comme l’abordait Booska-P en 2022, l’artiste a mis du temps à se faire une place sur la scène rap, en partie à cause d’un manque de régularité et de productivité dans sa musique. 

Cette année, Lesram a compris la leçon. Dans “Bernabeu”, il parle de l’importance du travail, quelque chose qu’il a certainement lui-même réalisé au cours de sa carrière. 

“T’iras pas loin si t’as pas fait d’effort” – Bernabeu

La cover elle-même nous donne d’ailleurs le ton de l’album : Lesram apparaît dos à la lumière, faisant face à l’obscurité de la pièce, comme s’il faisait face à son passé et à son monde intérieur, lui qui a enfin goûté au succès qu’il convoitait. 

L’album “Du peu que j’ai eu, du mieux que j’ai pu” apporte donc un nouveau regard sur sa musique, ou Lesram aborde le fait qu’il est finalement parvenu à se faire une place et sortir de sa “zone”, avec beaucoup de travail, tout en restant profondément attaché à la rue qui l’a construit.

Là, c’est un peu une bascule pour moi. Soit je reste un peu dans mon truc de niche. Et j’aime bien ! Je ne serais pas vraiment déçu que ça reste une niche, mais ce serait cool que ça prenne vraiment. Parce qu’aujourd’hui je ne peux pas pleinement vivre du rap.” – Lesram, à propos de son album

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